bref


bref

1. bref, brève [ brɛf, brɛv ] adj. et adv.
XVIe; brief XIe; lat. brevis
I Adj.
1De peu de durée. Un bref épisode, une brève rencontre. 1. court, momentané. À bref délai.
2De peu de durée dans l'expression, dans le discours ( brièveté). Une brève allocution. succinct. Soyez bref : parlez en peu de mots, ne faites pas un long discours. ⇒ concis, laconique. « Son parler était bref » (Martin du Gard).
3 Métr. anc. Se dit d'un voyelle ou syllabe dont la quantité est, par rapport à une longue, à peu près dans le rapport 1 à 2. Phonét. Se dit d'un son dont la durée d'émission est brève par rapport à une durée d'émission moyenne (ou propre aux sons voisins). brève, brévité.
II Adv.
1(Adv. de phrase) Pour résumer les choses en peu de mots. enfin (cf. En résumé). « Pleurs, soupirs, tout en fut : bref, il n'oublia rien » (La Fontaine).
2Loc. adv. (XIVe) Littér. EN BREF : en peu de mots. brièvement. Expliquer les choses en bref. Loc. adj. L'actualité en bref.
⊗ CONTR. Ample, long. Prolixe; délayé, verbeux. bref 2. bref [ brɛf ] n. m.
• 1080; bas lat. brevis ou breve, subst. de l'adj. brevis brevet
1Rescrit du pape, de caractère privé, sur des matières de moindre importance que celles dont traite la bulle.
2(av. 1986) Recomm. offic. pour briefing.

bref adverbe En un mot qui tranche la question : Il hésite, bref, il ne sait pas.bref nom masculin (latin breve, liste abrégée, de brevis, court) Lettre du pape, de moindre importance qu'une bulle, scellée de l'anneau du pêcheur sur cire rouge. ● bref, brève adjectif (latin brevis) D'une durée courte, qui dure très peu de temps : Un bref instant. Une vie brève. Exprimé en peu de mots : Une lettre brève. Se dit d'un phonème dont la durée d'émission est relativement courte. ● bref, brève (expressions) adjectif (latin brevis) Être bref, s'exprimer en peu de mots, d'une manière concise. En bref, en peu de mots. Ton bref, tranchant et impératif. ● bref, brève (synonymes) adjectif (latin brevis) D'une durée courte, qui dure très peu de temps
Synonymes :
Contraires :
- longuet (familier)
- prolongé
Exprimé en peu de mots
Synonymes :
- condensé
Contraires :
- délayé (familier)
- étendu

bref
n. m. Rescrit du pape, traitant d'affaires généralement de moindre importance que celles évoquées par une bulle.
————————
bref, brève
adj. et adv.
rI./r adj.
d1./d Qui dure peu. La vie est brève.
|| Rapide. à bref délai: sous peu. Syn. court. Ant. long.
d2./d Qui s'exprime en peu de mots, concis. Soyez bref. Un bref discours. Ant. prolixe.
|| Un ton bref, sec et autoritaire. Syn. tranchant.
d3./d Syllabe, voyelle brève, d'une courte durée d'émission.
rII./r adv. Pour résumer. Bref, cela ne se peut.

I.
⇒BREF1, BRÈVE, adj., subst. et adv.
I.— Emploi adj. Qui est court.
A.— [Dans l'espace] Qui a peu de longueur, peu d'étendue.
1. [En parlant du corps]
a) Vx. Qui est de petite taille. Un ancien maître de postes nommé Huguet, mince, bref, bancal, mal peigné (A. FRANCE, Le Petit Pierre, 1918, p. 180).
Rem. Pépin le Bref, père de Charlemagne ainsi surnommé à cause de sa petite taille.
b) [En parlant des parties du corps] Qui est court :
1. Songeons que Napoléon était petit, qu'il n'échappait pas au tourment des hommes petits, c'est-à-dire le souci de sa brève stature et de ses attitudes...
COLETTE, La Jumelle noire, 1938, p. 41.
2. [En parlant des choses] Qui a peu de longueur, peu d'étendue. Un bref tronçon de rue Vandamme, enclavé par erreur dans le quartier de la Gaîté (G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Notaire du Havre, 1933, p. 93).
SYNT. Bref coup d'œil, bref regard, bref sourire; nez bref; brève stature.
B.— [Dans le temps] Usuel. Qui est de courte durée ou se situe au bout d'un court espace de temps. Bref instant, bref silence; à bref délai :
2. Mais elle [Camille] ne pouvait pas comprendre que l'humeur sensuelle de l'homme est une saison brève, dont le retour incertain n'est jamais un recommencement.
COLETTE, La Chatte, 1933, p. 136.
Spéc., GRAMM. et PROSODIE. Voyelle brève, syllabe brève. Voyelle, syllabe qu'on prononce rapidement :
3. L'allemand est la seule langue moderne qui ait des syllabes longues et brèves comme le grec et le latin; (...); elle [la durée musicale des sons] est bien plus favorable à la poésie que l'accent, parce qu'elle n'a point d'objet positif et qu'elle donne seulement un plaisir noble et vague comme toutes les jouissances sans but.
Mme DE STAËL, De l'Allemagne, t. 2, 1810, p. 105.
C.— P. ext.
1. [En parlant du style] Qui occupe peu de temps ou d'espace, parce que exprimé en peu de mots, concis (cf. R. MARTIN DU GARD, Souvenirs autobiographiques et littér., 1955, p. XLVI) :
4. Ceci est bref, concis; c'est le style impérial, ennemi des longueurs et des explications.
COURIER, Pamphlets pol., Lettres au rédacteur du « Censeur », 1819-20, p. 15.
2. [En parlant du ton, de la voix] Qui est senti comme sec, tranchant. Voix brève. Ton bref, presque rude (BERNANOS, Journal d'un curé de campagne, 1936, p. 1064).
Avoir le ton bref, le parler bref. Manière de parler rapide et décidée. ... dit-elle [Mathilde] avec cette voix vive, brève, et qui n'a rien de féminin, qu'emploient les jeunes femmes de la haute classe (STENDHAL, Le Rouge et le Noir, 1830, p. 281).
SYNT. Mots brefs, ordres brefs; paroles brèves, phrases brèves.
II.— Emploi subst. fém.
A.— GRAMM., PHONÉT. P. ell. de syllabe brève, voyelle brève (cf. supra I B spéc.) :
5. (... il semble qu'il n'y ait pas de province qui n'ait son « midi », et combien ne rencontre-t-on pas de Savoyards et de Bretons chez qui l'on trouve toutes les douces transpositions de longues et de brèves qui caractérisent les méridionaux!).
PROUST, Le Côté de Guermantes 1, 1920, p. 18.
P. métaph. :
6. Oui, les pleins et les vides sont les longues et les brèves de cette prosodie muette qu'on appelle l'architecture.
Ch. BLANC, Gramm. des arts du dessin, 1876, p. 97.
Loc. Observer les longues et les brèves. Être précis et cérémonieux dans tout ce qu'on fait.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe siècle.
Il en sait les longues et les brèves. C'est un homme habile, intelligent, qui connaît tous les détails de cette affaire.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que dans QUILLET 1965.
B.— MUS. Ancienne figure de note correspondant à une unité de mesure et utilisée notamment en plainchant. Synon. carrée :
7. ... les principales figures de notes [dans la notation musicale, vers le XIe siècle] : (double longue), (longue), (brève), (semi-brève), valaient chacune deux notes de la figure suivante, et quelquefois trois, comme dans nos triolets.
A. LAVIGNAC, La Mus. et les musiciens, 1895, p. 458.
Rem. 1. Également M. BRENET, Dict. pratique et théorique de la mus., 1926, p. 298. 2. On rencontre dans la docum. un néol. brévissime, adj. (calqué sur le superl. lat. brevissimus). Qui est très bref. L'instant brévissime de la fraction du pain (JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957, p. 126).
III.— Emplois inv.
A.— Empl. comme interj. Enfin, pour le dire en peu de mots! :
8. Aujourd'hui ton père tombe chez moi comme une bombe, et me menace du gendarme; bref, un scandale des mille diables. Demain, j'aurais tout le canton sur les bras.
BERNANOS, Sous le soleil de Satan, 1926, p. 79.
B.— Empl. comme adv. En peu de mots. Parler bref (DG); cf. également CAMUS, La Peste, 1947, p. 1418) :
9. Monsieur le magister (...) je vous le dis bref et bien : si la douce jeune fille ne repose pas ce soir dans mes bras, à minuit nous nous séparons.
NERVAL, Faust, 1840, p. 110.
Loc. adv. En bref. En résumé :
10. Les membres de l'espèce, oublieux de l'élémentaire, se livrent à de vastes et minutieux préparatifs pour s'entretuer. Ni l'évidence logique, ni l'évidence pratique ne paraissent les convertir à une économie fondamentale jugée aux résultats, largement indépendante des types spéciaux d'organisation, sainement méfiante des orthodoxies fallacieuses. Tel est, en bref, le bilan de l'économie moderne...
PERROUX, L'Écon. du XXe s., 1964, p. 352.
Rem. En bref empl. seul étant senti comme un néol., on rencontre aussi des loc. verbales du type pour le dire en (très) bref (cf. ID., ibid., p. 653).
PRONONC. ET ORTH. — 1. Forme phon. :[], fém. [-]. Dernière transcr. des formes brief et briève dans DG : bri-yèf'; bri-yèv'. Ces 2 formes sont transcrites sans yod de passage dans les dict. du XIXe s. (cf. p. ex. LITTRÉ ou NOD. 1844). Enq. :/, -v/. 2. Forme graph. — Les dict. de Ac. 1798 à Lar. 20e (cf. aussi QUILLET 1965) enregistrent en plus de bref la forme brief (briève) avec une rem. Cf. p. ex. dans Lar. 19e : ,,On ne le [brief] dit plus guère qu'au féminin et dans les locutions Briève description, briève narration (...). Il était assez fréquemment usité en termes de Palais.`` Ac. 1932, Lar. encyclop. et DUB. n'enregistrent plus que bref. ROB. consacre encore à brief une simple vedette de renvoi à bref.
ÉTYMOL. ET HIST.
I.— Adj. 1. a) ca 1040 « de peu de durée » (Alexis, éd. G. Paris & L. Pannier, 110c : Bries est cist siecles); b) peu av. 1200 brieve oroison « id. (en parlant du discours) » (La Première Continuation de Perceval, I, 6867 dans IGLF Litt.); d'où fin XVe s. être bref « faire ou dire, vite » (G. COQUILLARD, Poésies, ibid.); 2. 1115-30 « petit » brieve figure (PH. DE THAON, Bestiaire, 1038 dans T.-L.); 3. a) 1549 terme de prosodie (DU BELLAY, Deffense et Illustration de la lang. fr., p. 269 dans IGLF Litt.); d'où b) 1680 subst. fém. brève « syllabe brève » (RICH.) [Les formes bref, brève et brief, briève sont encore en concurrence au XVIe s.; bref, brève l'emporte au XVIIe s. et dès RICH. 1680 la plupart des dict. ne mentionnent plus brief, briève que pour le vocab. de la justice, en partic. dans l'expr. bonne et briève justice]. II.— Adv. 1. 1re moitié XIIIe s. « dans peu de temps, bientôt » surtout dans les loc. a bref, de bref ou en bref (AUMERI, Passion Ste Catherine, 445 dans T.-L.), la loc. en bref est qualifiée avec ce sens de ,,vieux mot dont on ne se sert plus`` dans Trév. 1704; 2. a) 1403 en brief « en peu de mots » (CHR. DE PISAN, Livre du chemin de longue estude, 1367 dans GDF. Compl.); fin XVe s. en début de phrase « en résumé, enfin » (G. COQUILLARD, Poésies, I, 196 dans IGLF Litt.); b) ca 1450 brief en début de phrase « en résumé, enfin » (Myst. du Vieil Testament, IV, 103, ibid.). Déconseillé par Vaugelas (Rem. sur la Lang. fr., éd. Streicher, Paris, Droz, 1934, p. 31), l'adv. s'est pourtant imposé au XVIIe s. (BRUNOT t. 4, p. 751).
I de l'adj. lat. class. brevis, -e attesté au sens gén. de « petit, court » dep. Pacuvius (TLL s.v., 2182, 79, en parlant d'une partie du corps), qualifie ce qui est de peu de durée (Plaute, ibid., 2172, 39) et en partic. les écrits ou les discours (ID., ibid., 2176, 41), attesté comme terme de prosodie (Lucilius, ibid., 2178, 57 : brevis syllaba) ainsi qu'à l'emploi substantivé pour désigner une syll. brève (Cicéron, ibid., 2178, 67).
II du même adj. lat. brevis, -e, attesté notamment dans les expr. in breve tempus (Térence dans TLL s.v., 2173, 19) et ad breve tempus (Cicéron, ibid., 2173, 22) au sens de « en peu de temps », souvent réduites à in brevi (Pseudo Cicéron, ibid., 2174, 8) et à ad breve (Suétone, ibid., 2174, 23); in breve au sens de « en peu de mots, en résumé » est attesté dep. Horace (TLL s.v., 2177, 77).
STAT. — Bref. Fréq. abs. littér. :3 149. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 435, b) 4 651; XXe s. : a) 4 530, b) 7 138 Brève. Fréq. abs. littér. :649. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 254, b) 611; XXe s. : a) 1 498, b) 1 314.
BBG. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 275.
II.
⇒BREF2, subst. masc.
A.— Lettre officielle.
1. Anc., rare. Lettre officielle d'un roi, d'un empereur :
1. LE HÉRAUT. — (...)
Je suis porteur d'un bref royal. Lequel de vous Est le seigneur Bertrand du Guesclin?...
COPPÉE, Guerre de cent ans, 1878, p. 229.
2. DR. CANONIQUE. Lettre émanant du pape ou de la Pénitencerie, plus courte que la bulle et rédigée sans préambule. Solliciter, obtenir un bref; bref apostolique :
2. On choisit généralement parmi les prélats ou monsignori (...) le Secrétaire des brefs ou lettres pontificales...
STENDHAL, Rome, Naples et Florence, t. 2, 1817, p. 364.
P. métaph. :
3. ... il [Des Esseintes] avait fait préparer une haute salle, destinée à la réception de ses fournisseurs; ils entraient, s'asseyaient les uns à côté des autres, dans des stalles d'église, et alors il montait dans une chaire magistrale et prêchait le sermon sur le dandysme, adjurant ses bottiers et ses tailleurs de se conformer, de la façon la plus absolue, à ses brefs en matière de coupe, les menaçant d'une excommunication pécuniaire s'ils ne suivaient pas, à la lettre, les instructions contenues dans ses monitoires et ses bulles.
HUYSMANS, À rebours, 1884, p. 15.
B.— P. ext. Document officiel.
1. Anc., DR. Lettres de bref. Lettres de chancellerie qu'il était nécessaire d'obtenir pour intenter une action.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que dans Lar. 20e et Lar. encyclop.
2. Anc., MAR. Congé ou passeport qu'il était nécessaire d'obtenir, surtout en Bretagne, pour sortir du port.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que dans DG et Lar. 20e.
C.— LITURG., vx. Petit livre ou calendrier indiquant l'office de chaque jour. Bref à l'usage de Paris, bref à l'usage de Rome. Synon. plus usuel ordo :
4. Ainsi, ceux qui voudront prendre la peine de lire le calendrier latin ou le bref qui guide nos prêtres dans la commémoration des saints et dans la célébration des fêtes, y verront, au 7 octobre, festum sancti Bacchi;...
DUPUIS, Abr. de l'orig. de tous les cultes, 1796, p. 408.
PRONONC. ET ORTH. — Cf. bref1.
ÉTYMOL. ET HIST. — a) Ca 1100 « lettre, message » (Roland, éd. J. Bédier, 341 : Puis li livrat le bastun e le bref [message pour le roi Marsile]); et plus spéc. b) 1557 « rescrit pontifical » (O. DE MAGNY, Souspirs, 103 dans IGLF Litt.).
Du lat. brevis, -e (v. bref1); l'adj. lat. a été substantivé au masc. pour désigner un court écrit (Julius Paulus dans TLL s.v., 2179, 16), puis au neutre dep. le VIe s. (Papyrus Marini Ravennas, ibid., 2179, 74); les premiers brefs pontificaux datent du pontificat d'Eugène IV — 1431-47 — (GIRY, Manuel de diplom., Paris, 1894, p. 699), un office nouveau étant créé pour expédier rapidement sous une forme simple les lettres qu'on ne jugeait pas utile de soumettre à toutes les formalités exigées pour les bulles.
STAT. — Fréq. abs. littér. :44.
BBG. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 189.

1. bref, brève [bʀɛf, bʀɛv] adj. et adv.
ÉTYM. Fin XVe; brief, brieve « de peu de durée », v. 1040 (encore au XVIIe), du lat. brevis « court ».
———
I Adj.
1 (1115). Vx ou littér. Petit, court. || Une brève stature.
0.1 Hormis le brun noir de ses cheveux et le noir de sa (très) brève robe (…) il n'est rien là qui ne soit rose ou vert (…)
A. Pieyre de Mandiargues, la Marge, p. 210.
0.2 Et j'ai reçu dans le cœur ce visage à la fois enfantin et tourmenté. Les sourcils brefs, le front plat et le regard grave du jeune Bonaparte peint par Boilly (…)
Geneviève Dormann, le Bateau du courrier, p. 30-31.
N. m. Vx. || Pépin le bref (le petit).
2 De peu de durée. || Un bref épisode. Court, momentané. || Chant, cri bref. || Un bref silence. || Brève étreinte. || Brève rencontre. || Brève averse. || Un délai très bref. || À bref délai : dans un avenir très proche. || Assigner (cit. 17) à bref délai. || Une vie brève. || Jeter un bref coup d'œil. Rapide. || Esquisser un bref sourire.
Par ext. Qui semble très court, passe très rapidement. || Les heures trop brèves que nous avons passées ensemble.
1 (…) six années tellement brèves, effrayantes d'avoir été si brèves, tant s'accélère de plus en plus la fuite du temps, au déclin de la vie.
Loti, Suprêmes visions d'Orient, p. 1.
2 Scène étourdissante et brève, ce quart d'heure singulier s'en était allé en folie dans le tourbillon de son souvenir.
Pierre Louÿs, les Aventures du roi Pausole, IV, IX, p. 257.
2.1 Un peu de jour, un peu d'amour,
Un peu de soleil, comme en rêve,
Et son front et ces lys autour,
C'était chose fragile et brève.
Charles van Lerberghe, Premiers poèmes, 1886, « Au bois dormant ».
3 Mais elle ne pouvait pas comprendre que l'humeur sensuelle de l'homme est une saison brève, dont le retour incertain n'est jamais un recommencement.
Colette, la Chatte, p. 136.
REM. Aux sens 1 et 2, l'adj. est souvent placé avant le nom, en épithète.
3 (Av. 1200). De peu de durée (dans l'expression, dans le discours). || Une brève allocution. || Un discours bref. || Une lettre brève. Succinct. || Être bref. || Soyez bref : parlez en peu de mots, ne faites pas un long discours. Concis, laconique. || Pour être bref, nous nous contenterons de dire que… || Rendre bref. Abréger, accourcir, raccourcir.
4 (…) Surtout soyez bref.
Molière, le Mariage forcé, 4.
5 Son discours s'acheva par un bref mais foudroyant réquisitoire contre les grands journaux (…)
Georges Lecomte, Ma traversée, p. 208.
Tranchant, sec. || Répondre d'un ton bref. Brusque, coupant. || Avoir un parler bref. || Donner des ordres brefs.
6 Son parler était bref; sa politesse, distante, même avec ses collaborateurs.
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 199.
REM. On trouve encore au XIXe s., la forme brief, briève (par archaïsme).
6.1 (…) s'il parlait peu, c'est que les dolmens parlent peu, comme les jardins de La Fontaine. Quand cela lui arrivait, du reste, c'était de briève façon.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, p. 305.
4 (1549). Didact. Dans la métrique ancienne, se dit d'une voyelle ou syllabe dont la quantité est, par rapport à une longue, à peu près dans le rapport 1 à 2 (→ aussi Ambigu, I., 4.).
Ling. Se dit d'un son dont la durée d'émission est brève par rapport à une durée d'émission moyenne (ou propre aux sons voisins). Brève; brévité.
5 N. m. (Rare). || Le bref d'un exposé.
———
II Adv.
1 Littér. De manière brève. || Parler bref : s'exprimer de façon concise.
2 (V. 1450). Absolt. Pour résumer les choses en peu de mots. Enfin, résumé (en). Cf. En un mot comme en cent. || Bref, j'ai fini. || Enfin, bref, tout va bien.
7 Pleurs, soupirs, tout en fut : bref, il n'oublia rien.
La Fontaine, Fables, XI, 2.
8 Bref, il tirait argument (…)
Gide (→ Avantage, cit. 48).
Loc. adv. (1403). Littér. En bref : en peu de mots. || Expliquer les choses en bref (Littré). || Voilà, en bref, la décision prise.
9 À juger en bref, il semble que l'importance de la mémoire soit moindre dans la création artistique. Il n'en est rien.
G. Duhamel, Inventaire de l'abîme, V.
CONTR. Ample, grand, long, prolongé. — Prolixe; bavard, délayé, diffus, étendu, mielleux, onctueux, verbeux.
DÉR. Brève. — V. Brièvement, brièveté, et aussi brévité.
COMP. Abréger.
————————
2. bref [bʀɛf] n. m.
ÉTYM. 1557; « lettre, missive », 1080; bas lat. brevis, breve, subst. de l'adj. brevis « sommaire ».
Religion catholique.
1 Rescrit du pape, de caractère privé, sur des matières de moindre importance que celles dont traite la bulle. || Secrétaire des brefs. || Sceau rouge d'un bref.
0 (…) onze mois plus tard, sa veuve, la toujours belle Flavia (…) avait épousé un homme magnifique, son cadet de dix ans, un Suisse nommé Jules Laporte, ancien sergent de la garde du Saint-Père, ensuite courtier marron d'un commerce de reliques, aujourd'hui marquis Montefiori, ayant conquis le titre en conquérant la femme, par un bref spécial du pape.
Zola, Rome, p. 63.
2 Petit livre indiquant les rubriques du bréviaire pour l'office de chaque jour.
DÉR. Brevet.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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